LA DEMANDE EN MARIAGE Anton TCHEKHOV Extrait
LA DEMANDE EN MARIAGE
Anton TCHEKHOV Extrait
Lomov, seul.
LOMOV. Quel froid… Je tremble de tout mon corps, comme avant un examen. L’essentiel – c’est d’y aller. Si on réfléchit trop longtemps, si on hésite, si on reste à parler et attendre l’idéal ou l’amour véritable, à ce train-là, on ne se mariera jamais… Brr… Quel froid ! Natalia Stépanovna est une excellente maîtresse de maison, elle n’est pas vilaine, elle a de l’instruction… que demander de plus ? N’empêche, d’émotion, je commence à en avoir des bourdonnements d’oreille. (Il boit de l’eau.) Et je ne peux pas ne pas me marier… D’abord, j’ai déjà trente-cinq ans – un âge, comme on dit, critique. Ensuite, il me faut une vie tranquille et réglée… J’ai un souffle au cœur, des palpitations permanentes, je suis impulsif et tout le temps affreusement émotif… En ce moment, là, j’ai les lèvres qui tremblent et, à la paupière de droite, un petit tic qui me tiraille…
Natalia Stépanovna et Lomov.
NATALIA STÉPANOVNA (entrant). Ah mais, ça par exemple ! Vous ! Et papa qui me dit : Vas-y, il y a un marchand qui vient chercher sa marchandise. Bonjour, Ivan Vassiliévitch !
LOMOV. Bonjour, très honorée Natalia Stépanovna
NATALIA STÉPANOVNA. Excusez, je suis en blouse, en tous les jours… On écosse les pois pour les mettre à sécher. Pourquoi êtes-vous resté si longtemps sans (venir) nous rendre visite ? Asseyez-vous.
Ils s’asseyent.
Mangeriez-vous quelque chose ?
LOMOV. Non, merci, j’ai déjà mangé.
NATALIA STÉPANOVNA. Mais que se passe-t-il ? On dirait que vous êtes en habit ! Voilà du nouveau ! Vous allez au bal ou quoi ? Remarquez, ça vous met en valeur… Mais, vrai, comment se fait-il, à quatre épingles comme ça ?
LOMOV (ému). Voyez-vous, honorée Natalia Stépanovna… Le fait est que je me suis décidé à vous prier de m’entendre… Bien sûr, vous serez étonnée, et même fâchée, mais je… (A part.) Affreusement froid !
NATALIA STÉPANOVNA. De quoi s’agit-il ?
LOMOV. Je m’efforcerai d’être bref. Vous n’êtes pas sans savoir, honorée Natalia Stépanovna, que, depuis longtemps déjà, depuis l’enfance même, j’ai l’honneur de connaître votre famille. De plus, comme vous daignez le savoir, mes terres et les vôtres se touchent de très près. Si vous daignez vous en souvenir, mes Petits Prés aux vaches jouxtent votre bois de bouleaux.
NATALIA STÉPANOVNA. Pardon de vous interrompre. Vous dites “mes Petits Prés aux vaches”… Mais est-ce qu’ils sont à vous ?
LOMOV. Bien sûr…
NATALIA, STÉPANOVNA. Ça, par exemple ! Les Petits Prés aux vaches, ils sont à nous et pas à vous !
LOMOV. Mais non, ils sont à moi, très honorée Natalia Stépanovna.
NATALIA STÉPANOVNA. Reprenez-vous, Ivan Vassiliévitch ! Depuis quand sont-ils à vous ?
LOMOV. Comment, depuis quand ? D’aussi loin que je m’en souvienne, ils ont toujours été à nous.
NATALIA STÉPANOVNA. Non, là, bon, permettez !
LOMOV. C’est mis dans les papiers, très honorée Natalia Stépanovna. Les Petits Prés aux Vaches ont été objet de litige autrefois, c’est vrai -, mais, n’est-ce pas, à présent, tout le monde le sait, qu’ils sont à moi. L’affaire est close.
NATALIA STÉPANOVNA. Mais ce n’est pas du tout comme vous dites ! Je ne comprends pas. C’en est exaspérant !
LOMOV. Je vous montrerai les papiers, Natalia Stépanovna !
NATALIA STÉPANOVNA. Non, mais, vous plaisantez, tout simplement, ou vous vous moquez de moi… Ça, pour une surprise* ! Ce n’est pas que j’y tienne, à ces Petits Prés, mais c’est l’injustice qui me révolte. Dites ce que vous voulez, mais, l’injustice, moi, je ne supporte pas.
LOMOV. Ecoutez-moi, je vous en supplie ! Les paysans du grand-papa de votre papa, comme j’ai déjà eu l’honneur de vous le dire, fabriquaient, pour la grand-maman de tante, des briques. La grand-maman de tante, voulant leur faire plaisir…
NATALIA STÉPANOVNA. Le grand-papa, la grand‑ maman, la tante… je n’y comprends rien, rien du tout ! Les Petits Prés sont à nous, point.
LOMOV. D’après vous, alors, je suis un usurpateur ? Madame, jamais je ne me suis emparé des terres d’autrui et je ne permettrai à personne de m’en accuser… (Il se dirige précipitamment vers la carafe et boit de l’eau.) Les Petits Prés aux vaches sont à moi
NATALIA STÉPANOVNA. C’est faux, à nous !
LOMOV (se plaquant une main sur le cœur). Les Petits Prés aux Vaches sont à moi ! Vous comprenez ? A moi !
NATALIA STÉPANOVNA. Ne criez pas, s’il vous plait ! Vous pouvez crier et hurler de rage tant que vous voulez chez vous, mais, ici, je vous demande de respecter les limites !
LOMOV. Sans, madame, ces terribles, ces effroyables, palpitations et ces veines qui me battent dans les tempes, je vous aurais parlé bien autrement ! (Il crie.) Les Petits Prés aux Vaches sont à moi !
NATALIA STÉPANOVNA. A nous !
LOMOV. A moi !
NATALIA STÉPANOVNA. A nous
LOMOV Ça, nous verrons ! Je vous le prouverai par voie de justice, qu’ils sont à moi !
NATALIA STÉPANOVNA. Par voie de justice ? La manie de la chicane ! Toute votre lignée, elle a toujours été procédurière !
LOMOV. Je vous demande de ne pas insulter ma lignée ! Chez les Lomov, tout le monde a toujours été honnête, personne ne s’est retrouvé devant les juges pour dilapidation de fonds publics, comme votre oncle !
NATALIA STÉPANOVNA. Et, chez vous, les Lomov, tout le monde était cinglé !
LOMOV. Vous, votre mère, elle était bossue. (Il se plaque la main sur le cœur.). Ça tire dans le côté… Ça cogne dans la tête… Mon Dieu!… De l’eau !
NATALIA STÉPANOVNA Vous, votre père, il jouait aux cartes, et c’était un vrai goinfre
LOMOV. Je ne sens plus ma jambe gauche…Oh, le cœur ! Des étincelles devant les yeux… Où est mon chapeau ?
Le voilà, le chapeau… Le cœur… Où aller ? Où est la porte ? Oh ! … Je meurs, j’ai l’impression… La jambe qui se traîne… (elle se dirige vers la porte.)
NATALIA STÉPANOVNA. Portez plainte ! On verra ! Lomov sort en chancelant.
Voix off. Et Lui qui venait te demander en mariage !
NATALIA STÉPANOVNA..Me demander en mariage ? Moi ? Mais pourquoi tu ne me l’as pas dit plus tôt ?
Lomov et Natalia Stépanovna.
LOMOV (entrant, épuisé). Des palpitations effroyables… La jambe qui ne répond plus… des élancements dans le côté…
NATALIA STÉPANOVNA. Pardonnez-moi, nous nous sommes échauffés, Ivan Vassiliévitch… Maintenant, ça me revient : les Petits Prés aux Vaches, en fait, ils sont à vous.
LOMOV. Le cœur qui bat, c’est effroyable… Ils sont à moi, les Petits Prés… Le tic qui me tiraille les deux paupières maintenant.
NATALIA STÉPANOVNA. Allez, allez, n’en parlons plus… (A part.) Je ne sais pas par où commencer (S’adressant à lui.) Pensez-vous bientôt aller à la chasse ?
LOMOV. La chasse à la bécasse, très honorée- Natalia Stépanovna, je pense y aller après la mois son. Ah, vous avez su ? Figurez-vous, ce malheur qui m’arrive ! Mon Ougadaï, que vous daigniez connaître, s’est mis à boiter
NATALIA STÉPANOVNA. Quelle pitié ! Comment se fait-il ?
LOMOV. Je ne sais pas… Sans doute une luxation, ou d’autres chiens qui l’auront mordu… (Il soupire.) Un chien sans égal, je ne parle même pas de l’argent ! Je l’avais payé cent vingt-cinq roubles à Mironov.
NATALIA STÉPANOVNA. C’était beaucoup trop cher, Ivan Vassiliévitch !
LOMOV. Non, à mon avis, c’était donné. Un chien merveilleux.
NATALIA STÉPANOVNA. Papa a payé son Okataï Quatre-vingt-cinq roubles, et, notre Okataï, il est tellement mieux que votre Ougadaï.
LOMOV. Okataï mieux qu’Ougadaï? Allons donc ! (Il rit.) Okataï mieux qu’Ougadaï?
NATALIA STÉPANOVNA. Bien sûr qu’il est mieux Okataï,
LOMOV. Permettez, Natalia Stépanovna, mais vous oubliez qu’il est bégu, et un chien bégu a toujours du mal à prendre.
NATALIA STÉPANOVNA. Bégu ? Première nouvelle !
LOMOV. Je vous assure, il a la mâchoire inférieure plus courte que la mâchoire supérieure.
NATALIA STÉPANOVNA. Parce que vous avez mesuré ?
LOMOV. J’ai mesuré. Pour la traque, il peut encore aller, bien sûr, mais, pour la prise, je doute…
NATALIA STÉPANOVNA. Vous êtes saisi aujourd’hui, Ivan Vassiliévitch, d’une espèce de démon de la contradiction. Tantôt vous allez inventer que les Petits Prés sont à vous, tantôt c’est Ougadaï qui est mieux qu’ Okataï.
LOMOV. Je vois, Natalia Stépanovna, que vous me prenez, soit pour un aveugle, soit pour un imbécile. Mais, comprenez-le, votre Okataï, il est bégu
NATALIA STÉPANOVNA. Ce n’est pas vrai.
LOMOV. Il est bégu !
NATALIA STÉPANOVNA (criant). Ce n’est pas vrai
LOMOV. Qu’est-ce qui vous prend de crier, madame ?
NATALIA STÉPANOVNA. Et vous, qu’est-ce qui vous prend de raconter n’importe quoi ? Mais c’est révoltant ! Votre Ougadaï, il est bon à abattre et vous venez le comparer avec Okataï !
LOMOV. Pardonnez-moi, je ne peux pas poursuivre cette discussion. J’ai des palpitations.
NATALIA STÉPANOVNA. C’est une chose que j’ai remarquée : les chasseurs qui déblatèrent le plus sont ceux qui s’y entendent le moins.
LOMOV. Madame, je vous le demande, taisez-vous… J’ai le cœur qui éclate… (Il crie.) Taisez-vous !
NATALIA STÉPANOVNA. Je ne me tairai pas tant que vous n’aurez pas admis que Okataï est cent fois mieux que votre Ougadaï !
LOMOV. Il est cent fois pire ! Qu’il crève, votre Okataï! Les tempes… l’œil… l’épaule…
NATALIA STÉPANOVNA. Votre imbécile d’Ougadaï, lui, ce n’est pas la peine qu’il crève, parce que, même sans ça, il est déjà crevé !
LOMOV (pleurant). Taisez-vous ! Je fais un infarctus
NATALIA STÉPANOVNA. Je ne me tairai pas !
LOMOV. Ça y est, ça y est, ça y est… le cœur qui a éclaté ! L’épaule qui se détache… Où est mon épaule ?… Je meurs ! (Il tombe dans un fauteuil.) Un docteur ! (Évanouissement.)
NATALIA STÉPANOVNA. Il est mort. (Elle secoue Lomov par la manche.) Ivan Vassilitch Ivan Vassilitch Qu’avons-nous fait ? Il est mort . (elle lui donne de l’eau)…Lomov remue
Il revient à lui, j’ai l’impression… Buvez de l’eau Là, comme ça…
LOMOV. Des étincelles… du brouillard… Où suis-je ?
NATALIA STÉPANOVNA (gémissant). Il est vivant.. Oui, oui, je consens…
LOMOV. Hein ? Qui ça ? Enchanté… Permettez, de quoi s’agit-il ? Ah, oui, je comprends… Le cœur… les étincelles… Je suis heureux, Natalia Stépanovna… (Il lui baise la main.)
NATALIA STÉPANOVNA. Je… moi aussi, je suis heu-reuse…Mais… quand même, avouez-le, maintenant, au moins : Ougadaï est moins bien qu’Okataï
LOMOV. Il est mieux !
NATALIA STÉPANOVNA. Il est moins bien
LOMOV. Il est mieux !
NATALIA STÉPANOVNA. Il est moins bien ! Il est moins bien ! Il est moins bien !
RIDEAU
Vendredi ….Samedi …..de Théâtre et Dimanche….” Fando y Lis “
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Et Dimache……’ Fando Y Lis ” ….
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Fando et Lis
FANDO ET LIS
Fernando ARRABAL
Lis, la femme à la voiture d’enfant.
FANDO, l’homme qui la mène à Tar, et les ;trois hommes au parapluie :
Fando et Lis sont assis par terre. Auprès d’eux se trouve une très grande voiture d’enfant, noire, vieille et écaillée, avec des roues de caoutchouc épais et des rayons rouillés. A l’extérieur, attachés avec des ficelles, on peut voir un certain nombre d’objets parmi lesquels un tambour, une couverture roulée, une canne à pêche, un ballon en cuir et un poêlon. Lis a les deux jambes paralysées.
Lis. — Mais je mourrai et personne ne se souviendra de moi.
FANDO, très tendrement. — Si Lis, moi je me souviendrai de toi et j’irai te voir au cimetière avec une fleur et un chien.
Longue pause. Fando regarde Lis.
FANDO, ému. — Et à ton enterrement je chanterai à voix basse le refrain « que c’est joli un enterrement, que c’est joli un enterrement »,
dont l’air est si facile à retenir. (Il la regarde silencieusement et il ajoute d’un ton satisfait )
Je le ferai pour toi.
Lis. — Tu m’aimes beaucoup.
FANDO. — Mais je préfère que tu ne meures pas. (`Pause.) Ça me rendra tout triste le jour où tu mourras.
Lis. — Ça te rendra tout triste? Pourquoi?
FANDO, désolé. — Je ne sais pas.
Lis. — Tu me dis ça seulement parce que tu l’as entendu dire. C’est signe que tu ne seras pas triste. Tu me trompes toujours.
FANDO. — Non, Lis, je te dis vrai : ça me rendra très triste.
Lis. — Tu pleureras?
FANDO. — Je ferai un effort, mais je ne sais pas si je
pourrai.
Lis. — Je ne sais pas si je pourrai! Je ne sais pas si je pourrai! Crois-tu que c’est une réponse?
FANDO. — Crois-moi, Lis.
Lis. — Mais croire quoi?
FANDO, réfléchissant. — Je ne sais pas au juste ; dis-moi seulement que tu me crois.
Lis, comme un automate. — Je te crois.
FANDO. — Sur ce ton-là, ça ne va pas.
Lis, gaiement. Je te crois.
FANDO. —Comme ça non plus, ça ne va pas. Lis. (Humblement.) Lis, quand tu veux, tu sais bien dire les choses.
Lis, sur un autre ton, aussi pà u sincère. — Je te crois. FANDO, découragé. — Non,! Lis, non. Ce n’est pas comme ça. Essaie encore une Fois.
Lis fait un effort, mais ses paroles ne semblent pas plus sincères qu’auparavant. Je te crois.
FANDO, très triste. Non, non, Li$,. Comme tu es, comme tu fais la méchante avec moi!
Essaie, mais bien, Lis, sans y parvenir. — Je te crois.
FANDO, avec violence. — No non, ce n’est pas ça. Lis fait un effort désespéré. — Je te crois.
FANDO, encore plus violent. 1 Pas comme ça non plus! Lis, pleine de sincérité. —. J6 te crois.
FANDO, ému. — Lis! Tu me crois?
Lis, émue elle aussi. — Oui, je te crois.
FANDO. — Comme je suis heureux, Lis!
Lis —Je te crois parce que lorsque tu parles tu ressembles à un lapin
et quand tu couches avec moi tu me permets de prendre tout le drap et tu attrapes froid.
FANDO. — Ça n’a pas d’importance.
Lis. — Et surtout parce que le matin tu me laves à la fontaine et que, de cette façon, je n’ai pas à le faire, moi qui n’aime pas ça.
FANDO, après un, pause, d’un air très résolu. Lis, je veux faire beaucoup de choses pour toi.
Lis. — Combien?
FANDO, il réfléchit. — Le plus possible.
Lis. — Alors, ce que tu dois faire, c’est te battre dans la vie.
FANDO. — C’est très difficile.
Lis. — C’est la seule chose que tu puisses faire pour moi.
FANDO. — Me battre dans la vie ? Qu’est-ce que tu racontes! (Un temps.) On dirait presque une plaisanterie. (Très sérieusement:)
Mais, Lis, je ne sais pas pourquoi je dois me battre, et peut-être que si je le savais je n’aurais pas la force nécessaire,
et si j’en avais la force je ne sais pas si elle me servirait à vaincre.
Lis. — Fando, fais un effort.
FANDO. — Faire un effort? (Pause.) Peut-être que ça sera plus facile..
Lis. — Il faut nous mettre d’accord.
FANDO. —Et tu es sûre que ça nous servira? Lis. — Presque sûre.
FANDO, il réfléchit. — Mais nous servir à quoi?
Lis. — Peu importe, ce qui compte, c’est que ça nous serve.
FANDO. — Comme tout est simple pour toi.
Lis. — Non, pour moi aussi tout est très difficile.
FANDO. — Mais tu trouves des solutions à tout.
Lis. — Non, je ne trouve jamais de solutions, ce qui se
passe, c’est que je mens en disant que j’en ai trouvé.
FANDO. — Mais ce n’est plus du jeu.
Lis. — Je sais que ce n’est plus du jeu. Mais comme on ne me demande jamais rien,
c’est la même chose. Et puis ça fait très joli.
FANDO. — Oui, c’est vrai, ça fait très joli. Mais si quelqu’un te demande quelque chose?
Lis. — Il n’y a pas de danger. Personne ne demande rien. Ils sont tous très occupés à chercher la manière de se mentir à eux-mêmes.
FANDO. — Ah là là! Que c’est compliqué!
Lis. — Oui, très.
FANDO, ému. — Que tu es intelligente, Lisl
Lis. — Mais ça ne me sert à rien, tu me fais toujours souffrir.
FANDO. — Non, Lis, je ne te fais pas souffrir, bien au contraire.
Lis. — Si, rappelle-toi comme tu me bats dès que tu en as l’occasion.
FANDO, honteux. — C’est vrai. Je ne le ferai plus, tu verras.
Lis. — Tu dis toujours que tu ne le feras plus, et puis tu me tourmentes dès que tu le peux,
et tu me dis que tu vas m’attacher avec une chaîne pour que je ne puisse pas bouger. Tu me fais pleurer.
FANDO, très tendre. — Je te fais pleurer, et peut-être même au moment où tu as tes règles. Non, Lis, je ne le ferai plus. (Pause.)
Je m’achèterai une barque quand nous serons arrivés à Tar et je t’emmènerai voir la rivière. Tu veux, Lis?
Lis. — Oui, FANDO..
FANDO. — Et je ressentirai toutes tes douleurs, Lis, pour que tu voies bien que je ne veux pas te faire souffrir. (Pause.)
J’aurai des enfants, comme toi, aussi.
Lis, émue. — Comme tu es bon!
FANDO. — Veux-tu que je te raconté des jolies histoires,
comme celle de l’homme qui conduirait une femme paralytique à Tar dans une petite voiture?
Lis. — Promène-moi d’abord.
FANDO. — Oui, Lis. (Fando prend Lis dans ses bras et la’ promène sur scène.) Regarde, Lis, comme la campagne et la route sont belles.
Lis. — Oui, ça me plaît beaucoup!
FANDO. — Regarde les pierres.
Lis. — Oui, Fando, quelles jolies pierres!
FANDO. — Regarde les fleurs.
Lis. — N’y a pas de fleurs, Fando.
FANDO, violemment. — C’est la même chose, regarde les fleurs!
Lis. — Je te dis qu’il n’y a pas de fleurs.
Lis parle maintenant sur un ton très humble,, Fando, au contraire, devient de plus en plus autoritaire et brutal.
FANDO. — Je t’ai dit de regarder les fleurs! (Il crie). Est-ce parce que tu ne m’as pas compris?
Lis. — Si, Fando, pardonne-moi. (Longue pause.) Combien je regrette ma paralysie!
FANDO. — C’est une bonne chose que tu sois paralysée, comme ça, c’est moi qui te promène.
Fando se lasse de porter Lis dans ses bras et il devient de plus en plus violent au fur et à mesure qu’il se fatigue.
Lis, tout doucement, de crainte de déplaire à Fando.
Comme la campagne est jolie avec ses fleurs et avec ses beaux arbres.
FANDO., irrité. — Où vois-tu des arbres?
Lis, doucement. — On dit ça, la campagne avec ses beaux arbres.
Pause.
FANDO. — Tu pèse trop lourd.
Fando, sans aucune précaution, laisse tomber Lis par terre.
Lis, cri de douleur. — Aïe, Fando! (Tout de suite avec douceur, de crainte de déplaire à Fando.) Comme tu m’as fait mal!
FANDO, durement. — Tu viendras te plaindre encore.
Lis, prête, à pleurer. — Non, je ne me plains pas. Merci beaucoup, Fando. (Pause.)
Mais je voudrais que tu me promènes dans la campagne et que tu me montres les fleurs si jolies.
Fando, visiblement ennuyé, prend Lis par une jambe et la traîne sur scène.
FANDO. – Alors, tu les vois maintenant, les fleurs que. tu veux voir? Hein?
Dis. Alors, tu as vu assez?
Lis sanglote mais tâche que Fando ne l’entende pas. Elle souffre sûrement beaucoup.
1 Oui… Oui… merci… Fando…
FANDO. – Où veux-tu que je te porte ? Jusqu’à la petite voiture ?
Lis. — Oui… si ça ne te dérange pas.
Fando traîne Lis par une main’, et la mène près de la petite voiture.
FANDO, visiblement ennuyé. il faut que je fasse tout pour toi et tu pleures par-dessus le marché.
Lis. — Pardonne-moi, Fando.
Elle sanglote.
FANDO. – Un beau jour, je t’abandonnerai et je m’en irai très loin de toi.
Lis, elle pleure. — Non, Fando, ne m’abandonne pas, je n’ai que toi au monde.
FANDO. Tu ne fais que me gêner. (Il crie.) Et ne pleure pas!
Lis, elle fait un effort pour ne pas pleurer. — Je ne pleure pas.
FANDO. – Ne pleure pas, je te dis. Si tu pleures, je m’en vais tout de suite.
Lis, malgré ses efforts, continue à pleurer.
FANDO, très ennuyé. — Alors, tu pleures et tout et tout, hein?
Eh bien, je m’en vais tout de suite et je ne reviendrai plus.
Fando sort, furieux; au bout de quelques instants il entre à nouveau à quatre pattes et se dirige vers l’endroit où se tient Lis.
FANDO, humblement. Lis, pardonne-moi.
Fando prend Lis dans ses bras et l’embrasse.
Ensuite, il l’assied commodément. Elle se laisse faire sans rien dire.
FANDO. — Je ne serai plus méchant avec toi.
Lis. — Que tu es bon, Fando!
FANDO. —Oui, Lis. Tu verras comme je serai gentil désormais.
Lis. — Oui, Fando.
FANDO. – Dis-moi ce que tu désires.
Lis. — Que nous nous mettions en route pour Tar.
FANDO. — Nous partirons tout de suite.
Fando prend Lis dans ses bras avec beaucoup de soin et il la dépose dans la petite voiture.
FANDO. – Mais nous essayons depuis longtemps d’ariver à Tar et nous n’y avons jamais réussi.
Lis. — Nous allons essayer encore une fois.
FANDO. – Très bien, Lis, comme tu voudras.
Fando pousse la petite voiture qui commence à traverser la scène lentement. Lis, de l’intérieur, regarde vers le fond.
Fando s’arrête tout à coup, se dirige vers Lis et lui caresse le visage de ses deux mains. Pause.
FANDO. — Je te demande pardon pour ce qui s’est passé. Je ne voulais pas te faire de peine.
Lis. — Je le sais bien, Fando.
FANDO. – Aie confiance en moi, je ne le ferai plus.
Lis. Oui, j’ai confiance en toi. Tu es toujours très. bon avec moi.
Je me rappelle que tu m’envoyais de très grandes lettres quand j’étais à l’hôpital,
pour me permettre de me vanter d’en recevoir de très longues.
FANDO, flatté. — Ça n’a pas d’importance, Lis.
Lis. —je me rappelle aussi que, souvent, comme tu n’avais rien à me raconter,
tu m’envoyais beaucoup de papier hygiénique pour que la lettre soit volumineuse.
FANDO. – Ce n’est rien.
Lis. — Comme j’étais contenté!
La petite voiture quitte la scène, poussée par Fando.
RIDEAU
Pensées sur le Théâtre….dites pour moi par Trigwen
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Merci Merci de mettre les mots sur ce que je ressens si fort…Trigwen Et voilà ! Vus les commentaires il semble que les spectateurs ont apprécié votre prestation. Tu écrivais ne pas avoir peur alors que le trac t’envahissait. Mais seuls les artistes de talent connaissent ce moment où l’estomac se noue, ces instants ils sont incapables de manger quoique ce soit, ces jours qui précèdent où ils sont convaincus d’avoir oublié leur texte et qu’ils pensent ne pas être prêts Et juste avant l’entrée en scène, les tremblements nerveux, la petite suée et la loge qu’ils arpentent de long en large en se rassurant en répétant quelques passages qu’ils connaissent pourtant par cœur. Et puis, ils entrent en scène et là: miracle ! Ils se laissent aller, ils sont le personnage, vivent la pièce et leur texte n’est plus un texte appris, il est devenu leurs mots presque naturels du moment Ainsi je sais que tu as réussi et que tu as rencontré le succès devant des spectateurs conquis. Tu aimes le théâtre et celui ci te le rend bien. Bonne fin de semaine à toi chère Cathy et bise sur la truffe de Soline. Trigwen |
Et Voila…..Le Spectacle….
Et Voila…Face de Cuillère…..
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“Face de Cuillère”
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Un Tramway – Théâtre de l’Odéon
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Un Tramway – Théâtre de l’Odéon Jusqu’au 3 avril 2010 Théâtre de l’Odéon Avec Isabelle Huppert, Andrzej Chyra, Florence Thomassin…
Dans sa nouvelle création, Warlikowski adapte la pièce mythique de Tennessee Williams, Un Tramway nommé Désir. Avec une nouvelle traduction de Wadji Mouawad, un décor fait de néons, de miroirs et de parois de verre et de vidéos, Warlikowski prend le parti de la modernité, au détriment de l’essence du texte.
Chassée de chez elle, Blanche DuBois débarque à la Nouvelle-Orléans pour habiter chez sa sœur Stella et son mari, Stanley Kowalski. Les circonstances qui ont poussé Blanche à quitter sa ville natale ne sont pas claires – et Blanche ne semble pas vouloir les éclaircir. L’appartement dans lequel vivent ces trois personnages est petit, étouffant. La chaleur et la promiscuité leur montent à la tête, poussent Blanche vers une folie déjà en germe, alors que Stanley ne dissimule pas sa haine. Les esprits s’échauffent, la tension gonfle dans la chambre crasseuse…
Cette chaleur d’où naît la sensualité, cette promiscuité destructrice, Warlikowski les a éliminées de sa mise en scène. Le plateau, immense, est d’une froideur glaciale – tout est blanc et noir, éclairé par la lumière crue des néons. Sous cet éclairage impitoyable, les comédiens sont blafards. De part et d’autre de l’espace immense, ils ne se touchent presque jamais, annulant cette sensation d’étouffement qui fonde leurs actes dans la pièce de Tennessee Williams.
Sur ce plateau qui n’en finit pas, les comédiens semblent perdus, effacés. Sauf Isabelle Huppert, autour de laquelle est pensée toute la mise en scène. Stanley (Andrzej Chyra) a perdu cette virilité sauvage qui le caractérise dans le texte original – si bien qu’on ne comprend pas le jeu de séduction malsaine qui se met en place entre lui et Blanche. Stella (Florence Thomassin) est d’une fadeur insondable : le personnage de Stella a bien plus de profondeur que cela. Tout tourne autour de Blanche, dont le paysage mental est représenté par des vidéos – Warlokowski a au moins compris la mégalomanie destructrice qui mène Blanche à sa perte.
Et pour mieux signifier cette longue descente aux Enfers, Wadji Mouawad a choisi de parsemer le texte de références diverses. De Platon à Coluche, de Sophocle à Claude Roy, ces allusions à d’autres textes ont sans doute pour but de donner plus de poids encore aux actes des personnages. Sauf que cela donne l’impression désagréable que les mots de Tennessee Williams ne suffisent pas. Cela est vrai dans cette mise en scène déshumanisée, privée de toute sensualité – mais cela n’est pas la faute de Williams.
Une création pleine de trouvailles stylistiques, magistralement interprétée par Isabelle Huppert – au détriment du reste de la distribution – mais qui prive la pièce de Tennessee Williams de toute humanité, de toute chaleur humaine, de toute sensualité. Dans la mesure où ces trois éléments font le génie de Tennessee Williams, on ne peut s’empêcher de penser que Warlikowski a bien fait de renommer cette production : aucun désir dans ce Tramway.
La p’tite grenouille a été émervéllée de voir jouer, moi tranquille au balcon Isabelle Huppert de tout son talent de tout son énergie de toute sa folie de comédienne unique
Je retourne visiter le plateau et décor ce matin avec mon groupe de théâtre …. Vite Vite sur la scène hiiiiii !!!! Doux…Doux Week end à Vous Tous…. .( Merci ma ♥ ♫ ♥ Nad’O ♥ ♫ ♥ de me pousser… )
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Face de Cuillère…
de Lee Hall
Pièce de Lee Hall Tout Ce Qui est parti existe d’étincelles magiques Monologue d’un Condamné Enfant On l’Appelle Face de Cuillère Parce Qu’elle A la une tête toute ronde, Comme lorsqu’on regarde son reflet sur le dos d’une cuillère. On dit Qu’elle est attardée. Elle raconte sa passion pour les chanteurs d’opéra, La séparation de ses parents, la rencontre avec le professeur Bernstein … La vie la pousse en avant. Fils est un récit Hymne à la Vie. ON NE SAIT pas si Face de Cuillère Au début du récit revient du Pays des Morts D’où elle Se serait Evaporée parler pour nous. On al’impression Qu’elle vient naître à nous. En tout cas, elle est terriblement vivante. Rappeler Elle nous vient la beauté de la vie. Lee Hall — Le scénariste de Billy Elliot et l’auteur de La cuisine d’Elvis, Le talent rare de jongler avec tous les ingrédients du Mélodrame Devienne cela sans que, ne Serait-ce qu’un instant, mélodramatique. Pour cela, Il possède une arme féroce: l’humour, cette faculté de surmonter les situations les plus désespérantes par l’esprit. Parler de la souffrance d’enfant de l’ONU Et en particulier d’un enfant dit «» anormal, Relève de l’insoutenable. Avec Face de cuillère, Condamné le monologue d’un enfant, Lee Hall, le scénariste de Billy Elliot et l’auteur de La Cuisine d’Elvis, un écrit Encore une de ses pièces dérangeantes. Mais Lee Hall A Le talent rare de jongler avec tous les ingrédients du Mélodrame Devienne cela sans que, ne Serait-ce qu’un instant, mélodramatique. Pour cela, Il possède une arme féroce: l’humour, cette faculté de surmonter les situations les plus désespérantes par l’esprit. L’Arche Editeur Face de Cuillère Traduit de l’anglais par Fabrice Melquiot. L’Arche est éditeur et agent du texte représente.
Un ange passe … Stéphanie Richard Mardi 27 octobre 2009 Le scénariste de Billy Elliot, Lee Hall, un curieux écrit ce monologue déroutant
Parfois léger et presque Malgré Une thématique ON PEUT nec plus dramatique. Face de cuillère Est une petite fille attardée mentale, «atteinte d’un cancer de l’ONU Qui ne recule pas, Malgré un traitement de choc. Magnifiquement Incarnée par Laetitia Poulalion, cette petite fille sans nom, d’Mort Une vitalité fascinante, nous Pourrait Réconcilier presque avec la. Un spectacle Qui Prend nous par la main et nous entraine avec tendresse aux frontières de nos angoisses les plus profondes, sans jamais nous laisser Sombrer.
Cette «enfant» Qui don’t speak Comme une enfantCe temps D’où cohabitent l’adolescence L’enfant et l’adulte Tribunal de l’ONU Dans instant l’existence d’une fille jeune, Juste à ce temps de transition,D’où ce temps de l’adolescence L’enfant et l’adulte cohabitent,se superposent, s’observent.
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les règles du savoir-vivre ….Hiiiii….
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les règles du savoir-vivre dans la société moderne extrait de Texte Une jeune dame passe en revue avec une légèreté feinte l’interminable liste des règles à respecter dans les principales circonstances de la vie.
L’inventaire est si détaillé qu’on nage vite dans l’absurde, la satire intrinsèque et le ridicule.
On rit, on sourit, on s’égare à loisir dans les subtilités vertigineuses de l’étiquette qui, loin de n’être qu’un simple code de politesse,
sert à masquer le calcul et le vide abyssal des coeurs, dissimulés derrière le masque des convenances.
Une leçon drôle et grinçante de savoir-vivre….
Les règles du savoir-vivre dans la société Moderne: Le deuil
Le deuil est une marque extérieure de la douleur. 1l a des règles, on doit les suivre
Autrefois, il était très long, on portait le deuil du père jusqu’à la mort de l’aîné de la famille et ainsi de suite, c’était long.
Mais la duchesse de Berry, fille du régent, une dame du temps passé, fit diminuer de moitié la durée des deuils, Lorsqu’on pensait que le fils aîné était à la moitié de son espérance de vie, on renonçait au deuil du père. C’était moins long.
Le deuil de veuve dure deux ans. Le grand deuil, très austère, toute une année, Robe de laine unie, voile sur le visage, châle en pointe, bas noirs en fil ou en laine. les gants pareils, corbeau et rien de plus. Ni fantaisies ni fioritures et pas de rouge aux lèvres.
Pendant les six premiers mois de la seconde période, voile et lainage plus léger. Gants de soie ou de peau, on sent la coquetterie revenir, bijoux de jais, noirs, de jais. Les derniers six mois, dentelles, noires. mais dentelles tout de même. Pendant les trois derniers mois, peu à peu on en voit la fin, les broderies, les étoffes blanches et noires, puis jusqu’à complète expiration, du gris, de la couleur prune, pensée, lilas, on prend garde à la gradation des nuances,
mais, en toutes circonstances, si on voulut bien suivre, c’est bien de gradation qu’il fut question. Le deuil de père ou de mère, celui de frère ou de sœur se porte de la même façon, avec les mêmes gradations mais sur des durées moins longues encore.
On peut aussi prendre le deuil d’un ami si on en a, mais ce sont des deuils dits de courtoisie et rien ne nous y oblige.
On s’abstient de tous plaisirs, de toutes distractions, on reste chez soi, on ne rit pas à gorge déployée.
Mais, et toujours ainsi que cela continue et recommence, mais vers le début de la seconde période, on se permet des conférences sérieuses, des expositions.
On fait des visites. on reçoit le mardi. Deux mois avant la fin,
on rétablit le fïve o ‘dock tea, on donne un dîner, on assiste au concert, on sifflote dans son bain.
Le deuil terminé, on réapparaît dans les sauteries, car sauteries et rien d’autre,
on ne danse pas encore, on regarde mais le pied sous la table marque déjà la mesure.
On va au Théâtre-Français ou à l’ Opéra. On danse la gigue, on va aux Variétés, ce ne sont plus que mauvais souvenirs, car souvenirs tout ça et rien d’autre, on songe à sc marier, on ferait bien un enfant, on le déclarerait à la mairie de l’arrondissement.
Ainsi que cela n’en finît jamais de se passer.
ZUTTT…?! http://www.deezer.com/embed/player?pid=32989203&ap=0&ln=fr
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En Avant le Spectacle…..
Jeudi 18, Vendredi 19
SAMEDI 20, Dimanche 21 JUIN 2009

Spectacles Art Dramatique Paris-Atelier de F.Kerver :
Théâtre NATIONALE
11 PLACE NATIONALE
75013 PARIS
" Roméo et Juliette" Shakespeare
"Les Liaisons dangereuses" Choderlos de Laclos
"Les Cocottes "
Et …" Le
Gora " Courteline " le
Défunt" De Obaldia
avec la p’tite grenouille.
Samedi 20 Juin…14H00
Et Vive le Théâtre…
» le misanthrope et l’auvergnat » de Labiche… 2e billet
| Je suis fière de vous présenter
( mon billet a disparu….!!!) cette comédie dynamique
mise en scène entre autre par un copain,jean Ballerin ancien de mon cour de théâtre… …et animé avec sa troupe et ses amis comédiens jeunes et espiègles : Comédie en un acte mêlée de chants Du 12 mars au 3 mai jeudi/vendredi/samedi 20h30 dimanche 16h30 A la Folie Théâtre 6 rue de la Folie Méricourt 75011 Paris Mes Jean Barlerin et Chrystelle Lequiller.
Auteur : Eugène Labiche Metteur en scène : Chrystèle Lequiller , Jean Barlerin Avec Laure Duffrechou , Florent Flavier , Jean-Christophe Frèche , Elsa Furtado , Manon Gilbert , François Pérache , Hugo Sablic Durée : 1h10min
Brèves
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* lesouffleur.com
Anniversaire de Molière
Les régles de savoir-vivre dans la société moderne…
Un peu de Théâtre…
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"L AUDITION PRINTEMPS DES THEÂTREUXXXXX…" http://widget-bf.slide.com/widgets/slideticker.swf
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» la Chaise Ecléctique » Pascal Martin
" Chaise Ecléctique "
Monologue mobilier
de Pascal MARTIN
Ca y est, il sont tous partis. J’ai entendu le claquement sec de la porte de l’entrée des
artistes. Je suis toute seule sur la scène, il ne reste que moi dans le théâtre. C’était
une belle journée. La première répétition d’une pièce sur scène, c’est le jour que je
préfère. Tout le monde est là, le régisseur, les comédiens, le metteur en scène,
l’éclairagiste. Aujourd’hui, il y avait même l’auteur. Tout le monde était impressionné,
vous pensez ! Moi aussi j’avais le trac ! Il ne faudrait pas que mon dossier cède ou
que je perde une patte en pleine scène d ‘émotion ça la ficherait mal !
C’est sur le coup des 9h00 heures que le régisseur est arrivé. J’ai tout de suite senti
qu’il allait se passer quelque chose de spécial aujourd’hui. Il a ouvert toutes les
loges, il a allumé les lumières de service. S’il y a bien une chose que je déteste, c’est
d’être réveillée par les lumières de service. Moi au réveil, je ne suis pas à mon
avantage, alors être exposée à cette lumière blanche, je trouve ça d’un agressif !
Enfin, après il est monté à la régie et il a envoyé deux ou trois projecteurs de
couleurs et là, tout de suite, je me suis sentie mieux. Un projecteur ambre ça fait
bien ressortir la patine de mon bois. Pour être chaise, on en est pas moins
coquette…
La troupe est arrivée vers 10h00 heures. Ca c’est un moment intense. Le grand
vaisseau vide s’anime de bruits, de cris, de couleurs, d’agitation. Des accessoires,
des costumes, des bouts de décors envahissent la scène. La magie commence à
opérer, un monde est en train de naître devant moi. Et ça s’apostrophe, ça plaisante,
ça chahute, ça s’extasie, ça saute, ça court, ça déclame… et moi ça me fait vibrer
mes vieilles fibres. J’étais bien placée sur la scène, juste à la sortie de la coulisse
jardin, alors il y en a un qui m’a prise et m’a posée juste à l’avant-scène. La j’ai tout
de suite senti que j’allais répéter avec eux. Si mon bois n’avait pas été sec depuis si
longtemps, je crois que j’en aurais versé une petite larme d’émotion. Je ne suis pas
de bois…
Ils se sont tous installés dans les loges, ils ont rangé la scène puis ils ont installé du
décor et ils sont partis déjeuner. Je croyais qu’ils allaient me ranger en coulisee,
mais non, j’étais toujours là, sur scène. Il y avait aussi une table, un guéridon et un
fauteuil. Inutile de dire, qu’ils ne m’ont pas adressé la parole. Vous pensez ! Ils font
partie du spectacle eux. Ce sont des artistes. Moi je ne suis que la vieille chaise de
coulisses, juste bonne à dépanner et surtout à rester dans l’ombre. En attendant j’en
ai profité, j’ai pris des poses avantageuses et je me suis même fait le monologue
d’Hamlet : Hêtre ou ne pas hêtre…
C’est en début d’après-midi que les choses sérieuses ont commencé. Ils sont tous
revenus pour le premier filage. D’abord un petit échauffement tous ensembles.
Normal. Moi je n’ai pas participé, les changements de température, ce n’est pas bon
pour mes jointures. Et ensuite on a attaqué la pièce. C’est un texte d’un auteur
contemporain, mais c’est bien quand même. Pas de la grande littérature, c’est sûr.
Mais ça se tient. Et puis il y a un beau rôle de chaise. Ce n’est pas si souvent. Ca les
lits, les canapés et les placards, ils ont la vedette au théâtre, mais nous ! A part
Ionesco qui nous à rendu hommage, on ne peut pas dire que nous soyons très bien
servies au théâtre.
Vers cinq heures on a fait une pause pour prendre de thé. Et c’est là que j’ai eu un
coup au moral. J’ai vu arriver LA chaise. Celle qui allait jouer. Belle, neuve et bien
protégée dans un emballage plastique. Oh je me doutais bien, que je ne serais pas
de la représentation. Une vieille chaise comme moi, un peu bancale avec le verni
écaillé et le dossier de guingois, ça se contente de jouer les utilités en répétition. Ca
ne participe pas au spectacle. Mais moi j’aurais aimé faire encore quelques
répétitions, voir le jeu s’affiner, la mise en scène se préciser, le spectacle prendre
corps. J’ai bien vu comme ils ont eu un sourire mauvais les autres en voyant ma
mine déconfite. Surtout les fauteuils d’orchestre, ces gros prétentieux bourgeois et
suffisants. N’empêche, moi j’ai une vie, je bouge, je m’exhibe,
je me mets en
danger ! Je ne suis pas attachée et alignée au garde à vous avec mes congénères
ventripotents. Je participe à la création moi ! J’ai été le trône de Richard III, le balcon
de Juliette, le cheval de Don Quichotte, le fauteuil du Malade Imaginaire… Je suis
une saltinbanque moi !
Il y a encore du travail sur la pièce. Jusqu’à huit heures on a répeté des scènes.
Finalement, LA chaise du spectacle est restée en coulisses. Le metteur en scène, ne
voulait pas l’utiliser en répétition pour ne pas l’abîmer. Alors là ça m’a bien fait rire,
quand on fait du théâtre, on s’expose, on se dénude, on s’offre. On ne reste pas
emballé comme un bibelot. Bref, j’en ai bien profité de cette répétition et j’ai fait de
mon mieux pour aider les comédiens. Moelleuse dans les scènes d’amour, rigide
dans les scènes de disputes, bancale dans les scènes de trahison. Je crois qu’on a
tous bien travaillé. J’étais plutôt content d’eux pour une première répétition sur
scène.
Vers dix-heures il ne restait plus que le metteur en scène, l’éclaiagiste et le
régisseur. Ils ont réglé les lumières. J’avoue que là je ne suis d’aucune utilité. Il ne
faut pas croire, je sais rester à ma place. C’est l’échelle qui prend la place sur scène.
Quelle pimbèche celle-là ! Et vas-y que je me déplie, et que je m’étire et que je fais
des grandes emjambées. On déplace le décor pour elle, on la tient, on la porte avec
précaution… Enfin il faut bien que tout le monde ait son quart d’heure de gloire…
Voilà, il est minuit, il sont tous partis. Je vais me reposer parce que demain on remet
ça, la première est dans une semaine. Je crois que je vais bien dormir.
Vous savez
ce que c’est mon rêve ? C’est d’aller à la Comédie Française et d’y passer la nuit…
avec le fauteuil de Molière…
Fin
Merci de respecter les droits des auteurs afin que les troupes et le public puissent toujours profiter de nouveaux textes.
Retour de mon ancien billet habillé différemment pour me motiver
….!!!!????
La Chaise écléctique
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http://stat.radioblogclub.com/radio.blog/skins/mini/player.swf Chaise éclectique
Monologue mobilier
de Pascal MARTIN
Ça y est, il sont tous partis. J’ai entendu le claquement sec de la porte de l’entrée des artistes. Je suis toute seule sur la scène, il ne reste que moi dans le théâtre. C’était une belle journée. La première répétition d’une pièce sur scène, c’est le jour que je préfère. Tout le monde est là, le régisseur, les comédiens, le metteur en scène, l’éclairagiste. Aujourd’hui, il y avait même l’auteur. Tout le monde était impressionné, vous pensez ! Moi aussi j’avais le trac ! Il ne faudrait pas que mon dossier cède ou que je perde une patte en pleine scène d ‘émotion ça la ficherait mal ! C’est sur le coup des 9h00 heures que le régisseur est arrivé. J’ai tout de suite senti qu’il allait se passer quelque chose de spécial aujourd’hui. Il a ouvert toutes les loges, il a allumé les lumières de service. S’il y a bien une chose que je déteste, c’est d’être réveillée par les lumières de service. Moi au réveil, je ne suis pas à mon avantage, alors être exposée à cette lumière blanche, je trouve ça d’un agressif ! Enfin, après il est monté à la régie et il a envoyé deux ou trois projecteurs de couleurs et là, tout de suite, je me suis sentie mieux. Un projecteur ambre ça fait bien ressortir la patine de mon bois. Pour être chaise, on en est pas moins coquette… La troupe est arrivée vers 10h00 heures. Ca c’est un moment intense. Le grand vaisseau vide s’anime de bruits, de cris, de couleurs, d’agitation. Des accessoires, des costumes, des bouts de décors envahissent la scène. La magie commence à opérer, un monde est en train de naître devant moi. Et ça s’apostrophe, ça plaisante, ça chahute, ça s’extasie, ça saute, ça court, ça déclame… et moi ça me fait vibrer mes vieilles fibres. J’étais bien placée sur la scène, juste à la sortie de la coulisse jardin, alors il y en a un qui m’a prise et m’a posée juste à l’avant-scène. La j’ai tout de suite senti que j’allais répéter avec eux. Si mon bois n’avait pas été sec depuis si longtemps, je crois que j’en aurais versé une petite larme d’émotion. Je ne suis pas de bois… Ils se sont tous installés dans les loges, ils ont rangé la scène puis ils ont installé du décor et ils sont partis déjeuner. Je croyais qu’ils allaient me ranger en coulisse, mais non, j’étais toujours là, sur scène. Il y avait aussi une table, un guéridon et un fauteuil. Inutile de dire, qu’ils ne m’ont pas adressé la parole. Vous pensez ! Ils font partie du spectacle eux. Ce sont des artistes. Moi je ne suis que la vieille chaise de coulisses, juste bonne à dépanner et surtout à rester dans l’ombre. En attendant j’en ai profité, j’ai pris des poses avantageuses et je me suis même fait le monologue d’Hamlet : Hêtre ou ne pas hêtre… C’est en début d’après-midi que les choses sérieuses ont commencé. Ils sont tous revenus pour le premier filage. D’abord un petit échauffement tous ensembles. Normal. Moi je n’ai pas participé, les changements de température, ce n’est pas bon pour mes jointures. Et ensuite on a attaqué la pièce. C’est un texte d’un auteur contemporain, mais c’est bien quand même. Pas de la grande littérature, c’est sûr. Mais ça se tient. Et puis il y a un beau rôle de chaise. Ce n’est pas si souvent. Ça les lits, les canapés et les placards, ils ont la vedette au théâtre, mais nous ! A part Ionesco qui nous à rendu hommage, on ne peut pas dire que nous soyons très bien servies au théâtre. Vers cinq heures on a fait une pause pour prendre de thé. Et c’e |
coup au moral. J’ai vu arriver LA chaise. Celle qui allait jouer. Belle, neuve et bien
protégée dans un emballage plastique. Oh je me doutais bien, que je ne serais pas
de la représentation. Une vieille chaise comme moi, un peu bancale avec le verni
écaillé et le dossier de guingois, ça se contente de jouer les utilités en répétition. Ça
ne participe pas au spectacle. Mais moi j’aurais aimé faire encore quelques répétitions, voir le jeu s’affiner, la mise en scène se préciser, le spectacle prendre
corps. J’ai bien vu comme ils ont eu un sourire mauvais les autres en voyant ma
mine déconfite. Surtout les fauteuils d’orchestre, ces gros prétentieux bourgeois et
suffisants. N’empêche, moi j’ai une vie, je bouge, je m’exhibe, je me mets en
danger ! Je ne suis pas attachée et alignée au garde à vous avec mes congénères
ventripotents. Je participe à la création moi ! J’ai été le trône de Richard III, le balcon
de Juliette, le cheval de Don Quichotte, le fauteuil du Malade Imaginaire… Je suis
une saltinbanque moi !
Il y a encore du travail sur la pièce. Jusqu’à huit heures on a répété des scènes.
Finalement, LA chaise du spectacle est restée en coulisses. Le metteur en scène, ne
voulait pas l’utiliser en répétition pour ne pas l’abîmer. Alors là ça m’a bien fait rire,
quand on fait du théâtre, on s’expose, on se dénude, on s’offre. On ne reste pas
emballé comme un bibelot. Bref, j’en ai bien profité de cette répétition et j’ai fait de
mon mieux pour aider les comédiens. Moelleuse dans les scènes d’amour, rigide
dans les scènes de disputes, bancale dans les scènes de trahison. Je crois qu’on a
tous bien travaillé. J’étais plutôt content d’eux pour une première répétition sur
scène.
Vers dix heures il ne restait plus que le metteur en scène, l’éclairagiste et le
régisseur. Ils ont réglé les lumières. J’avoue que là je ne suis d’aucune utilité. Il ne
faut pas croire, je sais rester à ma place. C’est l’échelle qui prend la place sur scène.
Quelle pimbêche celle-là ! Et vas-y que je me déplie, et que je m’étire et que je fais
des grandes enjambées. On déplace le décor pour elle, on la tient, on la porte avec
précaution… Enfin il faut bien que tout le monde ait son quart d’heure de gloire…
Voilà, il est minuit, il sont tous partis. Je vais me reposer parce que demain on remet
ça, la première est dans une semaine. Je crois que je vais bien dormir. Vous savez
ce que c’est mon rêve ? C’est d’aller à la Comédie Française et d’y passer la nuit…
avec le fauteuil de Molière…
Fin
Chaise éclectique
Et…Voilà Le Programme…
de Shakespeare à Koltès, de Molière à Beckett, de Feydeau à Ionesco, de Fellini à Bernie Bonvoisin … 110 passionnés de théâtre 110 scènes du théâtre classique et contemporain une proposition de Françoise Kerver « Le théâtre est l’espace où le désir est un acte » Illusions comiques – Olivier Py
Cours_Ateliers
Françoise Kerver
Vendredi 22 juin 2007 à 19h30 Samedi 23 juin 2007 à 14h30 et 19h30 Dimanche 24 juin 2007 de 14h30 et 19h30
Entrée libre dans la limite des places disponibles
11 Place Nationale 75013 Paris |













































Ce que vous laissez à 卡蒂 la p'tite grenouille ...."MERCI"